Pourquoi la saison 3 devrait marquer la fin d’« Euphoria » sur HBO

Image d'illustration. Euphoria saison 3HBO / PR-ADN
La série phénomène d’HBO, Euphoria, s’apprête à entamer sa troisième saison. Entre polémiques, succès critique et évolution de ses personnages, la question de sa conclusion s’impose alors que son impact culturel et narratif atteint un tournant décisif.
Tl;dr
- La saison 3 d’Euphoria s’essouffle et tourne en rond.
- Trop de provocations, peu de profondeur narrative réelle.
- L’urgence d’y mettre un terme se fait sentir.
Un tournant décevant pour Euphoria
La troisième saison de Euphoria, diffusée sur HBO, marque une véritable rupture. Loin des promesses initiales, la série créée par Sam Levinson semble aujourd’hui s’épuiser dans une surenchère d’intrigues sans âme. Difficile de ne pas ressentir une forme de lassitude alors que l’épisode « Kitty Likes to Dance » vient confirmer cette impression grandissante : la fiction navigue désormais à vue.
Des personnages à la dérive, un scénario éclaté
Le constat est amer dès les premiers épisodes. Autrefois saluée pour sa capacité à aborder des thèmes sensibles – l’addiction, la toxicité masculine, le mal-être adolescent –, Euphoria s’égare aujourd’hui dans un kaléidoscope d’histoires invraisemblables. On retrouve bien sûr Zendaya sous les traits de Rue, plongée cette fois dans le rôle improbable de « mule » entre les États-Unis et le Mexique, une séquence plus gênante que marquante.
Quant aux autres figures féminines – citons notamment Cassie Howard, incarnée par Sydney Sweeney, ou encore Maddy Perez, portée par Alexa Demie –, elles sont ballotées au gré d’humiliations répétées, comme si leur trajectoire n’était qu’un prétexte à l’outrance. On peine à y voir autre chose qu’une volonté de choquer, quitte à sacrifier toute cohérence psychologique.
Surchauffe narrative et provocation gratuite
L’accumulation de sous-intrigues vire au casse-tête : dettes faramineuses, transformations professionnelles délirantes (l’aspiration soudaine de Cassie à devenir star d’OnlyFans, encouragée par Maddy), ou encore les performances artistiques incompréhensibles de Jules. Tout semble conçu pour épater ou provoquer sans jamais aller au fond des choses.
Voici ce qui illustre ce brouhaha scénaristique :
- Nate risque sa vie pour une dette extravagante.
- Cassie multiplie les postures infantilisantes pour séduire en ligne.
- Jules sabote sciemment une opportunité artistique majeure.
Résultat : chaque épisode donne l’impression d’assister à une succession de chocs vains, où l’effet prime sur le sens. On est loin du subtil malaise qui faisait la force des deux premières saisons.
L’heure du bilan : que reste-t-il d’Euphoria ?
En misant tout sur le sensationnel, Euphoria perd ce qui lui donnait son authenticité. La série ressemble désormais à ce que Shakespeare décrivait si justement : « C’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. » Le moment est sans doute venu pour Sam Levinson et son équipe de refermer le rideau sur cette aventure devenue stérile.