The Mandalorian et Grogu pris dans la spirale des pires dérives du cinéma d’animation japonaise

Image d'illustration. The Mandalorian and GroguDisney / PR-ADN
La franchise The Mandalorian et son personnage emblématique Grogu subissent à leur tour l’une des tendances les plus décriées dans le cinéma d’animation japonais, un phénomène qui suscite l’inquiétude chez de nombreux fans du genre.
Tl;dr
- Le film « The Mandalorian and Grogu » divise les fans.
- L’approche « stand-alone » rappelle les films d’anime hors-canon.
- Le manque d’enjeu narratif inquiète face à la sortie cinéma.
Un virage risqué pour l’univers Star Wars
Moins d’un mois avant la sortie du très attendu « The Mandalorian and Grogu », l’enthousiasme semble étonnamment retombé. Certes, voir ces personnages emblématiques sur grand écran aurait dû mobiliser la base de fans de Star Wars. Pourtant, le projet prend un chemin singulier : offrir une intrigue largement indépendante des événements déjà connus par les spectateurs assidus de la série disponible sur Disney+. Ce choix scénaristique, révélé récemment par Jon Favreau, s’explique par une volonté d’élargir le public, quitte à délaisser certains fils rouges majeurs comme celui de Thrawn, initialement prévu pour la saison 4.
L’épineuse question des films dérivés
Ce n’est pas la première fois que le cinéma tente l’exercice périlleux du long-métrage issu d’une série télévisée. Hollywood s’y est essayé avec des productions comme « South Park : Bigger, Longer & Uncut » ou encore les multiples adaptations de sitcoms. Mais contrairement aux séries américaines sans réelle continuité narrative, l’animation japonaise – et désormais certaines franchises occidentales – se caractérise souvent par une trame suivie de bout en bout.
Dans ce contexte, les longs-métrages inspirés d’anime connaissent deux destinées : certains adaptent fidèlement la suite directe du manga, à l’image des films « Demon Slayer », véritables succès populaires ; d’autres optent pour des intrigues annexes sans impact réel sur l’histoire principale. Ce dernier modèle peine à susciter l’engouement : il donne souvent naissance à ce que beaucoup qualifient de simples « épisodes bonus » ou « fan service ».
Le syndrome du film « filler » guette Star Wars
La nouvelle stratégie de LucasFilm, privilégiant un récit autonome pour toucher aussi bien néophytes que fidèles, n’est pas sans rappeler cette tendance persistante dans l’animation japonaise. Malgré une promesse de retrouvailles spectaculaires avec Din Djarin et Grogu, difficile d’ignorer un parfum de déjà-vu : celui des innombrables films « Pokémon », « Dragon Ball » ou encore « Naruto », qui s’accumulent sans changer fondamentalement le destin de leurs héros.
Il y a tout de même des éléments attractifs : on murmure quelques caméos attendus et une réalisation soignée. Néanmoins, une question persiste : pourquoi voir ce film au cinéma plutôt que sur sa plateforme habituelle ?
Derrière la promesse du spectacle : une frustration palpable
Alors que l’arc du MandoVerse avait laissé planer un suspense autour de Thrawn et d’un potentiel événement majeur – renforcé par la série Ahsoka –, proposer aujourd’hui un long-métrage aux allures de parenthèse interroge jusque dans les rangs des plus fervents amateurs. L’histoire retiendra-t-elle ce film comme un moment clé ou simplement comme un agréable divertissement sans conséquences ? Pour beaucoup, c’est surtout le sentiment d’une occasion manquée qui domine.
Pour résumer, trois points cristallisent le débat :
- L’indépendance du récit fragilise le lien avec la série principale.
- L’absence d’enjeux narratifs majeurs freine l’enthousiasme collectif.
- L’inspiration tirée des modèles d’anime laisse perplexe quant à la valeur ajoutée.