Un Batman inattendu dans l’Ouest américain

Image d'illustration. Batman CowboyDC Comics / PR-ADN
Dans le one-shot Batman: The Blue, the Grey, and the Bat, Bruce Wayne devient cow-boy sous les ordres d’Abraham Lincoln.
Tl;dr
- En 1993, Batman quitte Gotham pour le Far West dans Batman: The Blue, the Grey, and the Bat, un récit Elseworlds mêlant ruée vers l’or et guerre civile.
- Bruce Wayne devient cow-boy sous les ordres d’Abraham Lincoln, accompagné d’un Robin rebaptisé Redbird, dans une aventure débridée où il manie revolvers et cheval Apocalypse.
- Malgré ses libertés et ses maladresses, ce one-shot reste une curiosité amusante et un exemple précoce des expérimentations Elseworlds autour du Chevalier Noir.
Quand le Chevalier Noir chevauche vers l’Ouest
Bien avant que l’idée ne germe de placer Batman en plein cœur du Far West, le héros masqué explorait déjà d’autres univers, parfois avec audace, parfois avec maladresse. Pourtant, il aura fallu attendre plus d’un demi-siècle pour voir Bruce Wayne troquer Gotham contre les vastes plaines poussiéreuses de l’Ouest américain. Ce tournant improbable a pris corps en 1993 avec la parution de Batman: The Blue, the Grey, and the Bat, une aventure Elseworlds orchestrée par Elliot S. Maggin et illustrée par Alan Weiss et José Luis García-López.
Un Batman version cowboy : mission confiée par Lincoln
Si un bref voyage temporel avait déjà envoyé Batman et Robin en 1854 dans Batman #89 (1940), jamais encore le justicier n’avait pleinement embrassé le costume de cow-boy. Cette fois-ci, nous sommes projetés en 1863. Sur fond de ruée vers l’or au Nevada et de guerre civile américaine, c’est le président Abraham Lincoln, rien de moins, qui charge le lieutenant-colonel Bruce Wayne du 13e régiment du Massachusetts de sécuriser le précieux métal pour l’Union. L’inspiration du surnom Batman ? Une chauve-souris ayant traversé sa fenêtre au moment opportun… Pas vraiment du canon traditionnel.
Aventure débridée ou occasion manquée ?
Le récit s’autorise toutes les libertés : le justicier grimé en pistolero, monté sur son cheval Apocalypse affublé d’un logo chauve-souris. Autant dire que ce « Blue, Grey and Bat » joue ouvertement la carte du pastiche – jusqu’à provoquer certains fans lorsque Bruce dégainera sans sourciller ses deux revolvers pour abattre une bande de hors-la-loi. Plus étonnant encore, la présence d’un « Robin » rebaptisé Redbird – un jeune Amérindien qui accompagne notre héros dans des dialogues stéréotypés et aujourd’hui embarrassants.
Voici quelques éléments notables qui rendent ce one-shot unique :
- L’apparition fugace d’Alfred, vite éclipsé après avoir aidé Bruce à embarquer vers le Nevada.
- L’intégration superficielle au mythe Batman classique ; peu de liens profonds hormis l’accoutrement du héros.
Pour beaucoup, cette incursion western n’est ni la plus marquante ni la plus subtile des aventures du Chevalier Noir. D’ailleurs, si l’on recherche une exploration sérieuse des codes du genre et une réflexion sur les liens entre Batman et les héros mythiques américains, mieux vaut se tourner vers certains épisodes animés plus inspirés.
L’étrange héritage d’une expérimentation Elseworlds
Malgré ses maladresses – voire à cause d’elles – Batman: The Blue, the Grey, and the Bat reste aujourd’hui un témoin amusant des tentatives de renouvellement autour du personnage. Entre hommage bancal aux westerns spaghetti façon « Le Bon, la Brute et le Truand » et clin d’œil décalé à la pop culture américaine des années 1860, ce comic trouve finalement sa place comme curiosité attachante dans la longue histoire de l’homme chauve-souris.