Comment Lucille Ball a empêché l’annulation de Star Trek et sauvé la série culte

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
L’avenir de Star Trek a un jour tenu à un fil, menacé de disparition prématurée. C’est l’intervention décisive de Lucille Ball, figure emblématique de la télévision américaine, qui a permis à la série culte de poursuivre son aventure.
Tl;dr
- Lucille Ball a sauvé Star Trek en misant gros.
- La vente de Desilu a assuré l’avenir des séries.
- Son sacrifice a façonné la télévision moderne.
L’héritage discret mais décisif de Lucille Ball
Certes, le public associe avant tout Lucille Ball à son rôle culte dans « I Love Lucy ». Pourtant, derrière les projecteurs, son influence s’est révélée beaucoup plus vaste, marquant de façon indélébile l’histoire de la télévision américaine. À la tête de la société de production Desilu, qu’elle dirige seule dès 1962 après son divorce avec Desi Arnaz, elle n’a pas seulement produit des classiques comme « The Untouchables » ou « Mission: Impossible ». C’est surtout grâce à elle que des œuvres ambitieuses comme Star Trek ont pu voir le jour.
Soutenir Star Trek envers et contre tous
Il faut rappeler qu’à l’époque, rares étaient ceux qui croyaient au potentiel de cette série de science-fiction. Malgré la méfiance du conseil d’administration, voire ses avertissements explicites – « Ne fais pas ce show, il nous tuera », raconte Marc Cushman dans « The Fifty-Year Mission » – Lucille Ball persiste. Elle va jusqu’à financer un second pilote pour convaincre NBC d’accepter le projet. Une prise de risque énorme qui aurait pu conduire à la faillite… et qui finira par lui coûter sa propre indépendance.
Une vente inévitable mais salutaire
Même si Desilu affichait alors une santé financière correcte – la société sera vendue pour 17 millions de dollars en actions à Gulf & Western Industries, soit le meilleur résultat en dix ans –, les budgets pharaoniques des séries comme « Star Trek » et « Mannix » grèvent les finances : plus de 28 000 dollars perdus par épisode pour la première, 32 000 pour la seconde. Face à ces coûts, continuer seule devenait intenable. La transition sous bannière Paramount s’impose alors ; c’est le début d’une nouvelle ère pour ces séries ambitieuses, désormais adossées à un géant capable d’absorber leurs pertes initiales.
L’audace récompensée : un impact durable sur la pop culture
Ce passage de témoin n’efface en rien le rôle pivot joué par Lucille Ball. Sa détermination a permis à plusieurs franchises devenues cultes — pensons notamment à Star Trek et « Mission: Impossible » — d’émerger et prospérer, bien au-delà du cadre initial de Desilu. Pour résumer ses choix audacieux :
- Soutien sans faille aux créations novatrices.
- Sacrifice personnel pour garantir leur avenir.
- Mise en place d’une nouvelle dynamique industrielle avec Paramount.
Aujourd’hui encore, alors que Paramount fait face à son lot de reventes et bouleversements (comme l’offre récente du groupe Skydance), l’exemple donné par Lucille Ball continue d’inspirer ceux qui rêvent grand – même au risque de tout perdre.