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Bons Plans

Test Yakuza 0

Enfin disponible chez nous presque 2 ans après sa sortie initiale au Japon, Yakuza 0 est un opus prequel qui devrait permettre à bien des joueurs de découvrir la célèbre franchise de Sega.

| Modifié le 17 février 2017 à 10h50
Test Yakuza 0

Note

  • Yakuza 0
    7

Avantages

Une mise en scène réussie
Un système de combat efficace
Une ambiance sympathique
Une solide durée de vie

Inconvénients

Techniquement daté et très inégal
Rythme pas toujours parfait
Un mélange des genres qui divisera
Pas de sous-titres français

Introduction

S’il n’est jamais complètement aisé de tester un jeu vidéo pour diverses raisons, l’exercice s’avère ici spécialement compliqué pour Yakuza 0. Pensez donc : il s’agit d’un opus (initialement sorti au Japon en 2015 sur PS3/PS4) faisant office de prequel à une licence à laquelle votre serviteur n’a jamais joué auparavant. Cela dit, ce point de vue de néophyte devrait tout particulièrement parler à la majorité des joueurs qui n’ont jamais approché Yakuza non plus tant la licence est restée assez difficile à atteindre chez nous. Cela reste d’ailleurs aujourd’hui relativement le cas puisque cette mouture 2017 de Yakuza 0 uniquement disponible sur PS4 est seulement proposée en japonais sous-titré anglais, ce qui devrait rebuter les joueurs peu à l’aise avec la langue malgré une traduction de qualité. Bref, place au test.

Un jeu forcément très japonais, Kiryu cru ?

Le Grand, cabaret de Majima

Se déroulant en 1988 dans des quartiers fictifs des villes de Tokyo et d’Osaka en plein âge d’or financier du Japon et de la criminalité menée par les yakuzas, Yakuzo 0 se propose de raconter les débuts de deux des personnages les plus célèbres de la franchise de Sega, à savoir Kazuma Kiryu et Gorö Majima. Le premier est obligé de quitter l’organisation après avoir été piégé pour un crime qu’il n’a pas commis et qu’il va donc tenter d’élucider. Le second gère aujourd’hui un cabaret renommé, mais souhaite retourner chez les yakuzas malgré son expulsion, mais est alors confronté à un cruel dilemme. Les connaisseurs devraient apprécier ces origin stories, tandis que les nouveaux venus profiteront d’une histoire riche et particulièrement bien mise en scène à base de trahisons, de meurtres, d’intimidations et d’autres activités mafieuses.

Des cinématiques qui claquent

Peut-être un peu trop riche d’ailleurs, car comme un jeu Kojima Yakuza 0 est très, très, très bavard. Les dialogues sont longs, les cinématiques (entrecoupées elles-mêmes de cutscenes…) extrêmement nombreuses et les allergiques à la parlote risquent de déchanter rapidement. L’autre élément du côté de la narration qui pourrait perdre (ou à l’inverse séduire) des joueurs est le mélange des genres. Si l’histoire principale est en vaste majorité sérieuse, sombre et prenante, beaucoup d’éléments à côté, comme certaines quêtes secondaires par exemple, servent à alléger le tout en utilisant assez régulièrement un “humour à la japonaise” à base de situations et de dialogues souvent absurdes qui ne plaira certainement pas à tout le monde.

Genre ça

Majima ta gueule à la récré

Un des nombreux moyens de récupérer de l’argent

Du côté du gameplay, il serait aisé de parler de “GTA-like“, mais cette comparaison serait loin de la réalité. En effet, les zones de jeu de Yakuza 0 sont loin des standards d’un open world moderne. Les quartiers à visiter, toujours à pied, ne sont pas bien grands et le joueur aura davantage l’impression d’enchaîner les cinématiques et les combats comme dans n’importe quel jeu d’action. Il y a bien entendu quelques pnj avec lesquels interagir (volontairement ou non), des bâtiments et magasins à visiter ou des activités secondaires à effectuer selon son bon vouloir, mais vous ne vous attendez assurément pas à un GTA à la japonaise.

Un cachet indéniable

Par exemple, impossible de semer le chaos au hasard dans la rue en frappant des inconnus puisque les combats ne sont lancés que de temps en temps en faisant apparaitre un groupe aléatoire d’ennemis. Pour se battre, l’idéal reste donc d’avancer dans le scénario principal ou les quêtes secondaires. Par ailleurs, le système de combat du titre est particulièrement efficace et possède un certain punch, notamment au niveau des combos et des exécutions. Les personnages peuvent alterner en plein combat entre plusieurs positions (3 chacun) aux techniques et sensations variées. Envie d’esquiver et d’infliger une multitude de coups rapides ou plutôt d’encaisser et d’utiliser des objets environnants pour réaliser de gros dégâts ou même de combattre comme Eddy dans Tekken ? Le jeu le permet et un système d’améliorations à débloquer avec de l’argent et de l’entrainement est là pour personnaliser ses styles préférés.

L’un des 6 styles de combat

Yakuza (Yakuza), je te veux si tu veux de moi

La nourriture toujours aussi bien modélisée

Malheureusement, le moteur du jeu en général respire la non priorité au budget et le développement débuté sur PS3 tant l’ensemble pourra sembler assez obsolète en 2017. Les animations “à la Shenmue” sont assez rigides et certains visages très bien modélisés côtoient des textures véritablement laides. On finit par s’y habituer, notamment grâce à une ambiance et une reconstitution fort sympathiques de l’époque avec des quartiers vivants et colorés, mais difficile de ne pas tiquer quand on se souvient que GTA 5 est sorti la même année avec pour lui un monde ouvert assurément plus grand et varié. 3 ans auparavant un certain Sleeping Dogs faisait d’ailleurs mieux à ce niveau là.

De jour ça pique un peu plus

La priorité de Ryū ga Gotoku Studio n’était assurément pas ici, tandis que le contenu du jeu est lui assez solide. Comptez plusieurs dizaines d’heures minimum pour aller au bout du scénario principal et réaliser un minimum de quêtes secondaires. De même, en plus d’une longue liste d’actions secondaires à éventuellement effectuer, les mini-jeux sont légion. Ces derniers vont du relativement simple (karaoké, salle d’arcade, billard, bowling…etc.) au plus touffu (paris, gestion de biens immobiliers ou de cabaret…etc.) et représentent un morceau solide de Yakuza 0 qui pourrait vous occuper un bon moment. On appréciera d’ailleurs que certains soient accessibles en dehors du jeu en multi local ou en ligne.

Même le karaoké part rapidement dans le n’importe quoi

Conclusion

L’une des nombreuses activités annexes : la gestion de cabaret

N’étant pas moi-même un connaisseur de la licence, difficile de savoir ce que penseront les fans de Yakuza de cet épisode prequel. Pour les autres dont je fais partie donc, Yakuza 0 souffle assurément le chaud et le froid. Si le titre ne manque pas de coeur, notamment au niveau de son contenu et de son ambiance, ou encore d’une véritable volonté de raconter avec style une riche histoire dramatique souvent prenante grâce à nombre de cinématiques de qualité ponctuées de combats souvent réussis, il reste que la réalisation datée et la personnalité atypique du jeu (pour nous autres Européens pas nécessairement réceptifs à la culture japonaise) risquent de dérouter plus d’un joueur curieux.

Des combats qui tapent bien

Le rythme n’est pas toujours parfait non plus (avec notamment un début d’aventure qui parait interminable), mais on finit par revenir régulièrement allumer sa PS4 pour continuer le jeu sans traîner les pieds afin de découvrir ce qui va arriver à nos deux héros et poursuivre les dizaines d’éléments annexes proposés. Si Sleeping Dogs devrait rester davantage indiqué à ceux qui cherchent un GTA-like occidental à l’ambiance Yakuza, reste que ceux avec une certaine tolérance (ou goût) aux dialogues à rallonge, aux situations absurdes ou encore aux graphismes limités devraient jeter un oeil sérieux à Yakuza 0 au risque de passer à côté d’un titre véritablement généreux.

Votre serviteur devant certaines quêtes

Note

  • Yakuza 0
    7

Avantages

Une mise en scène réussie
Un système de combat efficace
Une ambiance sympathique
Une solide durée de vie

Inconvénients

Techniquement daté et très inégal
Rythme pas toujours parfait
Un mélange des genres qui divisera
Pas de sous-titres français
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