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Test Wolfenstein II : The New Colossus (PC)

Par Antoine Roche,  publié le 13 novembre 2017 à 16h00, modifié le 20 novembre 2017 à 23h44.
7 /10

Notes

  • Wolfenstein II : The New Colossus
    7

Avantages

  • Version PC complète et fluide
  • Des combats dynamiques jouissifs
  • Ecriture et cinématiques au top
  • L'OST de Mick Gordon
  • Durée de vie appréciable

Inconvénients

  • Pas de VOSTFR
  • Infiltration et IA toujours perfectibles
  • Bestiaire léger et pas de boss
  • Difficulté en dents de scie
  • RIP la touche E

Envie d'un FPS défoulant doté en prime d'une écriture solide et d'une bande-son qui tape ? Vous devriez trouver ce que vous cherchez dans Wolfenstein II : The New Colossus.

Introduction

Après une campagne promotionnelle mêlant tantôt humour décomplexé efficace et faux pas de mauvais goût de la part de Bethesda, Wolfenstein II : The New Colossus est enfin là. À l’heure où l’industrie du jeu vidéo se tourne toujours plus vers les jeux multijoueur en ligne ou des titres avec des centaines de choix à faire, un bon vieux “FPS couloir bas du front” est souvent bienvenu pour revenir aux bases et s’amuser simplement. C’est ce que propose encore une fois ce nouveau titre de MachineGames, mais pas que. Place au test complet de la version PC.

Wollt Ihr das Szenario in Flammen sehen ?

Suite plus ou moins directe de Wolfenstein: The New Order (2014), The New Colossus ne change que très peu le coeur de la recette du reboot de la célèbre licence à l’ancienne. Le joueur incarne toujours B.J. Blazkowicz qui va devoir éradiquer du nazi dans une version uchronique de notre Histoire où les Allemands ont remporté la Seconde Guerre mondiale et où il ne sert à rien de se cacher pour faire remonter ses points de vie. Malgré les évènements du précédent opus, il reste bien du pain sur la planche à notre héros qui va devoir recruter de nouveaux alliés pour notamment assassiner Frau Engel, une officière nazie avec qui il a un sérieux compte à régler.

À bord d’un sous-marin allemand volé, Blazko va alors parcourir les océans pour atteindre différentes zones des États-Unis occupées. Pour être parfaitement franc, je n’ai presque aucun souvenir des évènements de The Old Blood et The New Order, mais il est certain que je me souviendrai longtemps de nombreux passages de The New Colossus. En effet, aussi surprenant que cela puisse paraitre, le principal point fort de ce nouvel opus est probablement son écriture.

Entre personnages nombreux, charismatiques et bien écrits, cinématiques aussi nombreuses que techniquement réussies et alternance maitrisée entre évènements dramatiques et sanglants et passages plus burlesques avec un ton de série B assumé, Wolfenstein II : The New Colossus est presque plus un film dans lequel on aurait glissé des passages de gameplay qu’un jeu avec quelques vidéos au milieu. Les passages de scénario WTF marquants sont légion et le titre invite même à l’exploration (notamment dans le sous-marin de la résistance ou dans l’une des villes occupées par les nazis) pour découvrir comment chacun des PNJ vit sa vie.

Wolfenstein II : The New Colossus va plus loin que ses ancêtres dans ses évènements, sa surrenchère et sa décomplexion, et c’est du coup un peu dommage que ce ne soit pas également le cas pour le gameplay. Que l’on s’entende bien : il s’agit toujours d’un excellent FPS, jouissif à parcourir comme une brute grâce à ses armes aux excellentes sensations, à sa vitesse, à ses animations et à sa violence grisantes et à son OST (Mick Gordon est de retour et délivre une partition aussi efficace en combats que dans les cinématiques), mais le résultat final n’arrive pas encore à égaler celui de DOOM, par exemple.

Aryen vaut mieux que deux tue l'aura

Ce constat est dû à différents problèmes gênants, mais heureusement jamais vraiment rédhibitoires. On relèvera par exemple un bestiaire assez pauvre et une absence de boss un peu dommage, ou encore une infiltration et une IA toujours très perfectibles. Tantôt il est possible d’enchaîner les meurtres “furtifs” grâce à des soldats sourds et aveugles, tantôt vous allez être repéré sans raison avant d’avoir même commencé et ainsi être obligé de sortir un flingue dans chaque main pour rapidement trouver le commandant d’une zone avant d’être submergé de renforts.

La difficulté un brin aléatoire est d’ailleurs l’un des autres défauts du titre. En normal, la plupart du jeu se visite assez simplement, mais certains passages sont véritablement frustrants tant les ennemis arrivent de partout et qu’il est très difficile de repérer d’où les tirs arrivent. Il n’est d’ailleurs pas rare que les checkpoints de réapparitions vous remettent directement dans la tempête, obligeant ainsi à baisser temporairement la difficulté pour avancer et arrêter de mourir à la chaîne, surtout sur certains combats vraiment longs. Enfin, on regrettera que les premiers niveaux du jeu soient assez moyens par rapport au reste, qui propose notamment un level design assez intéressant (mais aussi des fois assez frustrant car le suivi des objectifs n’est pas parfait) pour atteindre ses objectifs via plusieurs chemins.

Comptez une dizaine d’heures pour terminer le scénario principal, tandis que vous pouvez y ajouter une solide poignée supplémentaire pour parcourir le reste du contenu. Outre quelques quêtes secondaires pour notamment récupérer des améliorations en plus (éléments d’armes, talents ou encore les 3 améliorations physiques pour vous mouvoir plus librement dans les niveaux), le jeu vous invite à revisiter des zones du jeu pour y traquer des commandants nazis après avoir décodé leur position grâce à la machine Enigma via un mini jeu d’observation. Les amateurs de collectionite et de lecture apprécieront également puisque de très nombreux objets et éléments permettant de donner de l’épaisseur au contexte historique sont cachés un peu partout.

Par ailleurs, on aurait apprécié que Blazko ramasse davantage automatiquement les centaines d’objets (vie, armure, munitions…) que vous allez croiser, tant la touche de ramassage est maltraitée au fil du jeu. Pour terminer sur le gameplay, évoquons les rares éléments permettant de légèrement personnaliser l’expérience de chacun. On relèvera notamment un choix scénaristique à faire en début de partie qui changera quelques éléments secondaires (de quoi recommencer une partie ? Pas certain.), tandis qu’il est possible d’améliorer certains éléments de ses armes en fonction de ses goûts (les talents eux se débloquent tout seuls à force de réaliser des actions en jouant). Léger, mais on ne demande clairement pas à The New Colossus d’être un RPG.

Mick gore donne la patate

Concernant plus spécifiquement la version PC du titre, l’id Tech 6 parvient à délivrer une partition solide. The New Colossus n’est pas le plus beau jeu de la Terre, mais il profite d’une direction artistique assez crédible vraiment réussie qui fait mouche. De jolis effets de fumée et de lumière donnent notamment un résultat flatteur dans certaines zones et l’ensemble est parfaitement fluide avec tous les paramètres à fond sur un PC correct (Core i5, GTX 980, 16 Go de RAM pour notre test). Les options sont d’ailleurs nombreuses et ont appréciera notamment la présence d’une réglette de FOV.

En revanche, il est triste en 2017 de constater l’impossibilité de mettre le jeu en VOSTFR (pour le moment ?). La seule solution pour profiter de la VO est de passer par Steam, qui met alors l’intégralité du jeu en anglais (d’où les captures d’écran de ce test avec le texte dans la langue de Shakespeare). La VF est loin d’être honteuse (on appréciera notamment la voix de Patrick Poivey pour remplacer le regretté Patrick Béthune), mais avec quelques passages un peu en dessous elle ne profite pas de l’exemplarité de la VO qui permet au casting de briller pleinement.

Conclusion

Wolfenstein II : The New Colossus est un jeu généreux et efficace qui multiplie les moments mémorables et absurdes pour faire oublier ses quelques défauts. Même s’il aurait pu profiter de ce nouvel opus pour notamment corriger les défauts d’IA et d’infiltration des précédents, le studio MachineGames a préféré ne rafraichir que légèrement le gameplay avec quelques nouveautés et se concentrer plutôt sur l’ambiance et l’écriture de son titre et c’est assurément réussi. Grâce à ses personnages, ses dialogues, ses évènements, sa musique et aux hectolitres de sang nazi versé avec maitrise, le dernier FPS de Bethesda est une recommandation aisée de cette fin d’année pour n’importe qui à la recherche d’un divertissement qui s’assume pleinement.

Wolfenstein II : The New Colossus

Wolfenstein II : The New Colossus est disponible sur PC, PS4 et Xbox One depuis le 27 octobre et arrivera en 2018 sur Switch.

Wolfenstein II : The New Colossus
Wolfenstein II : The New Colossus
de Bethesda

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