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Tour de France : l’envers du décor

Vous n'avez sans doute pas idée des aspects techniques nécessaires au fonctionnement du Tour de France. nous les avons découvert pour vous

| Modifié le 31 juillet 2014 à 15h39
Tour de France : l\'envers du décor

Le Tour de France vient de se terminer. Un évènement hors du commun, et dont la popularité dépasse largement nos frontières. Après les JO et la Coupe du Monde de Foot de la FIFA, le Tour de France est la compétition sportive le plus suivie dans le monde.

Le Tour de France est la propriété de ASO (Amaury Sport Organisation), qui possède et organise d’autres évènements sportifs en France et dans le monde. Mais Le Tour est son évènement le plus important, un évènement qui a fêté son centenaire en 2013, c’est loin d’être anecdotique.

Découvrir le Tour aux cotés d’anciens champions de la grande boucle : c’est fait !

Pour la 201ème édition, j’ai été convié à suivre une étape du tour avec les équipes de Orange, partenaire technique du tour. J’ai eu la chance de faire le même parcours que les cyclistes, mais bien mieux installé dans un véhicule officiel. D’ailleurs, ce sont d’anciens champions internationaux qui sont aujourd’hui au volant des voitures qui transportent les VIP de l’opérateur sur le tour. La mienne était conduite par Charly Mottet, un grand champion qui a survolé le cyclisme mondial dans les années 80/90 aux cotés d’autres légendes comme Laurent Fignon. Charly Mottet a un beau palmarès, il a notamment terminé 4eme du tour, a été plusieurs fois maillot jaune, et s’est aussi illustré à l’étranger.

Aujourd’hui, Charly Mottet et deux autres anciens coureurs du Tour sont pilotes consultants pour Orange. En clair, ils conduisent les véhicules officiels de l’opérateur et font découvrir le Tour, à la fois pour prendre la mesure de l’importance de l’évènement symbolique de la grande boucle qui traverse notre pays, et pour apprécier les coulisses sur le plan technique. Charly et ses collègues ne font donc pas que conduire. Ils sont aussi de véritables bibles ambulantes sur le Tour et son Histoire. Il enchainent les anecdotes sur les coureurs, les équipes, les étapes, et se font généralement arrêter tous les 5 mètres du village départ au village arrivée. C’est donc une vraie chance pour nous de passer cette journée à leurs cotés. Une véritable immersion totale.

Le Tour de France est chaque année l’occasion de redécouvrir nos contrées, les campagnes, les montagnes, et l’on se dit qu’il devrait sans doute être sponsorisé par le Ministère du Tourisme ! La caravane publicitaire est elle aussi partie intégrante du Tour. On ne peux clairement pas imaginer un Tour sans Cochonou, Vittel ou Ariel ! La pub fait aussi vivre financièrement le Tour, et les échantillons de lessive ou les petits sachets de saucisson font aussi déplacer les foules. Le Tour détient d’ailleurs un record, celui de l’évènement qui réunit le plus grand nombre de spectateurs dans le monde. Chaque année, plus d’un million de personnes se massent ainsi sur le bords des routes du Tour pour voir passer la caravane, et les coureurs.

L’envers du décors : une fourmilière itinérante insoupçonnable

Mais si nous avons été invités à venir assister à cette étape du Tour aujourd’hui, c’est surtout pour découvrir l’envers du décors, et l’ampleur de tache liée au fonctionnement de l’infrastructure réseau pour que l’événement soit retransmis dans les meilleures conditions. ASO a missionné Orange pour assurer toute la partie technique autour de l’évènement. Et le scope de l’opérateur est assez large. Cela va de pourvoir fournir l’accès Internet au départ, à l’arrivée, aux moyens de transmission vidéo des images du tour, mais aussi à la circulation de l’intégralité des données concernant la course elle-même : chronomètres, points de passage, infos sur le classement général et lors des divers sprint intermédiaires.

Et toutes ces données sont indispensables à la course. Hors de question de les transmettre via des réseaux mobiles, même en 4G. L’acheminement de ces données ne peut pas être aussi bien maitrisé que via un envoi par câble. Et c’est exactement le rôle de Orange : tirer des câbles partout, tout au long du parcours. C’est difficile à imaginer, mais chaque étape est jalonnée de centaines de lignes ADSL pour faire transiter les données légères sur la course (temps, classement etc..).

Au niveau des images, Orange assure les moyens techniques permettant une retransmission continue de la course, même depuis les endroits les plus reculés du parcours, et en montagne et en rase campagne, la tâche est d’autant plus rude. Et même si France Televisions est l’utilisateur numéro un pour retransmettre l’intégralité de la course en images, qui sont ensuite reprises par les médias internationaux, de très nombreux journalistes ont besoin d’envoyer et de recevoir leurs propres images.

200 média : télés, radio et journaux suivent le tour, et doivent ainsi envoyer vidéo, photos, sons et articles à leurs rédactions, et bien souvent, en direct.

Henri Terreaux, directeur Technique de Orange Event Solutions, et grand guru de l’équipe de 50 techniciens de Orange sur le Tour, nous a fait visiter les coulisses de cet incroyable cirque ambulant, qui chaque jour, déplace tout ce petit monde de ville en ville.

Contrairement aux idées reçues, le signal video du tour est transmis principalement par la fibre, et non par satellite. Pour la diffusion télé, mais aussi pour assurer une connexion internet aux journalistes présents sur place. La fibre doit donc être accessible sur le site de l’arrivée de l’étape. Les besoins sont divers, et peuvent varier suivant le lieux de l’arrivée.

Par exemple, après chaque course, une conférence de presse est organisée dans la ville d’arrivée. Mais tous les journalistes ne peuvent pas entrer dans la salle qui s’avère parfois bien trop exiguë.

Pour permettre à tous les journalistes de poser tout de même leurs questions, Orange installe une salle de presse qui peut être située jusqu’à 15 km du village d’arrivée. Et l’interaction entre coureurs et journalistes doit être totale. Un vrai duplex comme à la la télé.

Alors comment l’opérateur arrive à satisfaire tout le monde ? Surtout quand le Tour fait étape dans des endroits ou l’on peut à peine capter le réseau edge sur son mobile ? Très simplement, en se branchant sur son backbone. Quel que soit l’endroit en France, celui-ci est toujours disponible quelque part. Le backbone, c’est l’énorme réseau de câbles qui travers la France de part en part et permet de délivrer l’accès Internet à toutes les régions de France.

En se branchant sur le point d’accès au backbone le plus proche, les techniciens tirent ainsi deux fibres de 1 gigabit/s chacune pour relier son réseau au village du Tour.

Difficulté supplémentaire spécifique au Tour de France, celui-ci ne fait pas de surplace ! Chaque matin, les techniciens ont donc besoin de 3 heures pour dérouler jusqu’à 15 km de câble et installer l’équivalent de l’équipement Internet à très haut débit d’une ville de plus de 20 000 habitants !!

Et l’installation dans chaque village d’arrivée est vraiment imposante : 3 cars régie, dont un de secours, 5 réseaux wifi à très haut débit, permettant un échange de 100 mbits/s symétrique et pouvant supporter jusqu’à 1 000 connexions simultanées ! On compte également 500 lignes ethernet permettant de connecter les ordinateurs, les routeurs etc… Et bien entendu, toute cette installation ne reste qu’une douzaine d’heures en place chaque jour.

Chaque soir, les hommes de Henri Terreaux n’ont qu’une heure pour tout remballer. Et tout doit être réinstallé le lendemain à un autre endroit. Et parce que sur le tour, rien n’est simple, l’installation doit pouvoir se faire au sommet d’une montage. C’était d’ailleurs le cas pour l’étape de Saint-Gaudens – Saint-Lary / Pla d’Adet, sur laquelle nous avons été invités à découvrir ce joyeux spectacle.

Autre infos étonnante, et qui nous concerne directement, Orange se sert du Tour de France pour accélérer le déploiement de la fibre “en avance de phase”. Cela signifie que l’opérateur prend de l’avance sur son calendrier de déploiement commercial. En effet, Orange, comme les autres opérateurs telecom, suit un calendrier pour le réseau à très haut débit en France. Bien entendu, celui-ci est programmé par importance des zones habitées.

Mais lorsque le Tour de France traverse des endroits plus clairsemés, ces derniers peuvent bénéficier de la venue du Tour de manière inattendue. Partout où la caravane passe, Orange pose la fibre, et comme le tracé du Tour est connu jusqu’à deux ans à l’avance, l’opérateur a le temps d’anticiper ces installations et peut donc effectuer les travaux indispensables pour poser la fibre proprement et définitivement.

Le Tour de France participe au déploiement de la fibre en France !

Ainsi, et lorsqu’il s’agit d’une zone où le très haut débit n’est pas encore arrivé, Orange laisse la fibre en place après le passage du tour. Cette fibre peut ensuite être commercialisée auprès du grand public. C’est un peu le même principe que lors des JO ou des Coupes du Monde. On construit des stades, divers batiments pour loger les athlètes, et ces constructions bénéficient ensuite au développement local.

Pour le Tour de France, c’est donc le déploiement du réseau fibre qui en bénéficie. Un avantage qui séduit d’ailleurs les communes, toujours aussi nombreuses à postuler pour devenir villes étapes.

Le Tour de France n’est pas le seul évènement sur lequel les équipes techniques de Orange interviennent. Il y a aussi Le Festival de Cannes ou Roland Garros. Mais pour le Tour, c’est bien particulier, justement par le coté itinérant de cette énorme installation.

J’avoue être ressorti un peu bluffé de cette journée, et je ne suis pas le seul. Henri nous a expliqué que les équipes de British Telecom, qui ont vu débarquer Orange sur leur territoire au début du Tour, ont été eux aussi épatés du savoir faire et de la maitrise de l’opérateur français sur ce type d’événement exceptionnels. on veut bien le croire.

Découvrez notre reportage sur le Tour de France

 

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