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Interview de Paul Breton : La vie après le hackathon !

Découvrez l'interview de Paul Breton, un accro du hackathon, qui nous explique comment ces événements l'ont aidé à lancer sa carrière.

| Modifié le 18 février 2014 à 15h16
 Interview de Paul Breton : La vie après le hackathon !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Paul, 22 ans, futuriste et voyageur dans l’âme et je suis concepteur dans les nouvelles technologies. Je ne développe pas, je ne designe pas, j’invente et conceptualise pour ensuite appliquer avec mon équipe.

Vous avez déjà participé à des hackathons, pourquoi ?

Oui, une vingtaine au total sur ces 4 dernières années. J’ai commencé les hackathons car encore une fois, je ne suis ni développeur ni designer (et je ne veux pas le devenir). C’était difficile pour moi à 18 ans avec un simple bac artistique dans la poche de prétendre à faire de ma passion mon métier : inventeur / concepteur dans les nouvelles technologies. Les hackathons, de part le rôle important d’un apporteur d’idée dans ce type d’événement et de ses qualités de chef de projets indispensables, m’ont permis de me renforcer, de me crédibiliser et de me connecter. C’est pour cette raison que je me suis lancé dans ces concours d’un autre monde.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

J’ai aujourd’hui des acquis que certains atteignent après plusieurs années d’école d’ingénieur ou de commerce et je le dois en grande partie aux hackathons. Ce genre d’événement oblige à se structurer et à se focaliser sur la matière brute en un temps record, sans le droit de se louper car le jury final est composé de professionnels de notre marché qui n’hésiteront pas à mettre le doigt sur nos erreurs. C’est un moyen d’apprendre et de se dépasser sans un énorme investissement de temps (48 heures ça passe très vite). Et je vous laisse imaginer le nombre de contacts que vous pouvez vous faire en deux jours seulement. Mais le plus gros cadeau de tous ces hackathons, c’est mon équipe actuelle. J’ai mis du temps à trouver la parfaite synergie, la recette qui stimulerait les papilles de cette industrie.

Que pensez-vous de ces sociétés qui organisent des hackathons ?

L’initiative est géniale. Elle permet à des autodidactes, des talents sans trop de visibilité de s’affirmer et d’évoluer à grande vitesse tout en faisant des rencontres splendides et pérennes. Je tire mon chapeau tout particulièrement à BeMyApp. Cyril et John, qui tiennent les rênes, ont réussi un pari qu’aucune autre entité française n’a réussi à ma connaissance : depuis leur tout premier hackathon en juin 2010, dans un bar underground (il faut bien faire avec les moyens du bords au départ), la participation n’a JAMAIS été payante. Et pourtant croyez moi, les participants sont traités comme des rois : petits dejs, déjeuners, dîners (et je ne parle pas de pâtes au beurre, mais sushis, pizzas et autres joyeusetés), boissons énergisantes, de quoi dormir, se détendre, des mentors de qualités, des jurys très élitistes, que du bonheur. Et pour pas un rond.

Conseilleriez-vous ce genre d’événement ?

Je crois que la réponse est déjà claire: c’est évidemment oui. Et même pour les grands timides (ce que j’étais au tout début).

Quels projets pour la suite ?

J’ai monté une première startup autour d’un projet présenté lors d’un hackathon BeMyApp en décembre 2011. Deux mois après, quelqu’un a accepté de me suivre sur ce projet et d’y mettre les fonds nécessaires. Après plusieurs mois de travail acharné, deux festivals de Cannes et une finale à LeWeb Paris 2012, le projet ne prenait toujours malheureusement pas. L’idée était peut-être trop en avance sur son temps. Ou trop en retard. On ne le saura peut-être jamais. Dans tous les cas, ce que j’ai appris de cette expérience, c’est que l’on peut gagner tous les prix du monde, séduire un nombre incalculable de personnes avec un concept jamais vu auparavant, tant que vous n’avez pas mis le produit dans les mains de l’utilisateur, vous ne saurez jamais s’il a du potentiel ou non. C’est un coup de poker, peu importe les fonds et le nombre de personnes qui soutiennent l’idée. Monter un produit / un service c’est un peu comme un fantasme. Même si l’idée est excitante il n’est pas dit que dans la pratique elle le sera. Mais c’est aussi ce qui fait un bon entrepreneur à mon sens, savoir tuer un projet au bon moment même s’il vous a demandé des milliers d’heures et passer au suivant, jusqu’à ce qu’un décolle enfin.

Je monte actuellement ma deuxième start-up sur laquelle je travaille depuis 4 mois avec cette équipe de choc constituée lors de hackathons. Nous sommes quatre, un chief creative, Philippe, un chief technic, Mathieu, un chief fiancial / business, Jean-Baptiste, et un chief executive, moi-même. Aujourd’hui nous développons des applications sur Web, iPhone, Google Glass, Android, Windows Phone, Firefox OS, Tizen et même un peu de domotique. Si tout s’enclenche correctement, dans quelques semaines nous serons officiellement installés dans la Silicon Valley. Nous voulons évoluer de la même manière qu’un Google a osé le faire. Développer des dizaines de projets novateurs chaque année, à succès ou non et emmener toujours plus loin les prouesses techniques, ergonomiques, visuelles et innovantes. Notre vision / ambition à long terme est de devenir indépendants financièrement, investir dans nos concepts avec nos fonds propres et créer de nouveaux pôles de création dans des domaines de plus en plus poussés (cybernétique, biomécanique, domotique, investigations autours de la capture des rêves, de l’immortalité, de la téléportation, etc…) et devenir une icône des nouvelles technologies. Et dire qu’il y a 4 ans je sortais d’un bac artistique. Comme quoi. Et ça, je le dois en grande partie aux hackathons.

Paul Breton
Twitter: @paul_breton
Linkedin: http://fr.linkedin.com/in/bretonpaul/en

Source : Paul Breton
Crédits Photos : Antoine Beauvillain
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