
La Cour de justice de l’Union européenne a déclaré aujourd’hui, le 24 novembre, contraire au droit communautaire le fait qu’un fournisseur d’accès à Internet (FAI) mette en place un système de filtrage et de blocage des communications électroniques afin de protéger les droits de propriété intellectuelle.
Cette institution judiciaire veille à interprétation du doit sur le territoire des 27 membres de l’Union européenne. Elle a été chargée par cette affaire, de se prononcer sur un litige opposant le FAI Scarlet à la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs (SABAM). Cette dernière a considéré dès 2004 que les abonnés aux services de Scarlet outrepassaient leurs droits en téléchargeant par peer-to-peer des contenus de leur catalogue sans obtenir d’autorisations.
En première instance, la justice belge avait condamné Scarlet à mettre fin sous astreinte aux violations de droits d’auteurs en déployant des moyens techniques pour empêcher leurs abonnés de recevoir ou envoyer des fichiers. Il s’agissait ni plus ni moins que de mettre en place un système de filtrage des échanges sur le web. Scarlet à interjeté appel en invoquant une atteinte aux droits fondamentaux et directives européennes, notamment en matière de e-Commerce. Le FAI fut débouté de sa demande et porta l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne.
Le juge européen a opté pour une solution d’équilibre en décidant que :
« la cour de justice belge n’avait pas respecté la nécessité de trouver un compromis entre le droit à la propriété intellectuelle, et d’autre part, la liberté d’entreprendre, le droit à la protection des données personnelles et le droit d’envoyer et recevoir des informations ».
De telle sorte que l’on peut s’interroger sur les retombées futures d’une telle jurisprudence, qui devrait en vertu du principe de primauté du droit communautaire sur le droit français, influencer l’interprétation des juges français, notamment ce qui concerne l’activité de contrôle de l’Hadopi.
Commentaires (1)
yt75
on November 24, 2011
Quelle bande d’imbéciles, alors que si lutte anti-piratage, la seule approche valide est :
1) concentrée sur les centres et non utilisateurs finaux (il y a toujours des centres du fait du besoin de catalogues, « peer to peer » aussi vaste hypocrisie dans les termes et tout le monde le sait)
2) Aucun besoin de monitorer/superviser les flux utilisateurs finaux.
3) besoin de procédures légales et publiques pour le filtrage/blocage des sites:
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc
Faut-t-il comprendre que justement le but est de monitorer/superviser les flux utilisateurs ?
Ou est-ce juste la niaiserie ou veulerie classique consistant à associer le terme virtuel à internet et compagnie ?
La priorité devrait être aussi la mise en place d’une vrai alternative non monopolistique de publication sur internet avec achat à l’œuvre offrant une vraie plus value à acheter par rapport à pirater (j’ai acheté ça ça marche et puis c’est tout, je ne m’occupe d’aucun fichier, copies, backups, etc, concept atawad), ce qui quoi qu’on en dise à plus ou autant à voir avec le besoin d’une nouvelle fonction et séparation des rôles qu’avec des questions techniques :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/
Sans oublier que ces histoires de neutralité du net, cela a aussi commencé sur la problématique « partage des revenus (surtout publicitaires) issus d’internet(en « général ») » il y a quelque années, typiquement entre Google et les telcos US, Google menaçant alors (ou le faisant) de construire son propre backbone, les telcos réclamant une part des revenus (et certes Google sans réseau ne marcherait pas très bien). Problématique différente s’il en est, ne pas tout mélanger non plus.
Mais bon, pas fini cette affaire, et croire défendre les citoyens quand d’une part on ne laisse que le monitoring flux utilisateurs comme voie légale, et que d’autre part on favorise deux ou trois monstres sur la diffusion légale, en étouffant plus ou moins toute vraie nouveauté, il y a vraiment de quoi hurler de rire, si ça n’était pas si pathétique..
Rappelons aussi qu’au XVII XVIII quasiment rien n’empéchait les « libraires/imprimeurs » de copier les livres, et que les droits d’auteurs ont été mis en place à la révolution Française, à ce sujet :
http://iiscn.wordpress.com/2011/06/07/diderot-lettre-sur-le-commerce-des-livres/
Trackbacks (4)
What’s Up On Da Web #3 - Buzut
La justice européenne bloque une demande de filtrage généralisé du Net – Le Figaro | Belgique - iWooho.com
What’s Up On Da Web #4 - Buzut
L’Hadopi lance une procédure d’étude sur les sites de streaming | Relais de l'info : La vie du net