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Jupiter : le Destin de l’Univers, faut-il voir le dernier film des Wachowski ?

Publié le | Modifié le
Les réalisateurs de Matrix gâchent un joli potentiel avec une histoire qui laissera le spectateur indifférent Les réalisateurs de Matrix gâchent un joli potentiel avec une histoire qui laissera le spectateur indifférent

Les réalisateurs de Matrix gâchent un joli potentiel avec une histoire qui laissera le spectateur indifférent

La science-fiction est un genre magnifique, mais aussi extrêmement périlleux. Jupiter Ascending, le dernier film de Lana et Andy Wachowski a le courage de plonger dans le vide en portant à bout de bras tout un univers créé spécialement pour l’occasion. C’est une démarche qui mérite d’être soutenue et saluée alors que la norme à Hollywood consiste à rebooter et à adapter sans relâche en ne laissant plus aucune place ou presque à la création originale.

Voilà pourquoi on voudrait aimer ce film et pourquoi il est si triste de le voir échouer, notamment à cause de son histoire centrale.

De quoi ça parle ?

Pour résumer rapidement, Jupiter Jones, une cendrillon de notre monde, jouée par Mila Kunis, apprend que son génome fait d’elle l’héritière d’un vaste empire galactique et que notre planète fait partie du lot. Bien sûr, cela ne plaît pas à tout le monde et notre héroïne devient la cible de diverses manigances aux retombées cosmiques. Heureusement, un ancien légionnaire de l’espace joué par Channing Tatum est là pour veiller sur elle.

Le monde de Jupiter Ascending regorge d’ingrédients intéressants, mais en forçant sur les mélanges le film finit par laisser au spectateur attentif une vague impression de gueule de bois. Parmi ces éléments remarquables lorsqu’ils sont pris individuellement, l’idée de faire mûrir une planète pour ensuite en moissonner la population m’a semblé très pertinente. Cela permet un peu au spectateur de partager avec l’héroïne le sentiment de n’être que bien peu de choses face à l’immensité de ce qui lui est révélé. La soif de jeunesse éternelle sonne juste également en tant que mobile ultime d’une espèce humaine dont les représentants les plus fortunés sont devenus de véritables dieux vivants grâce à une technologie toute-puissante. Il est donc d’autant plus décevant de se retrouver avec une trame centrale bien trop linéaire qui sacrifie honteusement cette richesse scénaristique potentielle sur l’autel d’une divinité à deux têtes : scènes d’actions redondantes d’un côté et histoire d’amour insipide de l’autre.

Pire, lorsqu’ils se fendent d’un hommage à Terry Gilliam, qui fait lui-même une apparition, et plus particulièrement à Brazil, son chef d’œuvre, les Wachowski démontrent leur incompétence en matière de comédie et la séquence dans son ensemble fait totalement tache, comme si on avait voulu à tout prix la coller à l’histoire sans aucune considération pour la cohérence d’ensemble du film.

Jupiter Descending

Loin de moi l’idée de tirer sur l’ambulance, mais pour justifier mon jugement, voici en quelques mots ce que je reproche à l’histoire de Jupiter Jones. Pour commencer, cela fait bien longtemps qu’on n’a pas vu une héroïne aussi inutile et nunuche qui se fait sauver à peu près cinq fois la vie de la même façon par le même personnage et dans le même film. Ensuite, sous une complexité de façade, la narration ne réserve au final aucune surprise, ah si c’est vrai j’oubliais. Ça peut paraître dingue, mais Sean Bean ne meurt pas dans le film. Et pour ça franchement, je dis chapeau. Enfin, l’action qui devrait normalement sauver un tel film se repose beaucoup trop sur des effets visuels, certes souvent magnifiques, mais qui en font beaucoup trop pour qu’on puisse y croire une seconde et avoir peur pour les protagonistes. Tout le contraire par exemple de la scène de l’arrimage dans Interstellar, qui est pourtant énorme elle-aussi tout en parvenant emporter le spectateur.

En résumé, Jupiter Ascending est un gros bonbon très sucré qui devrait plaire aux spectateurs les plus jeunes et les moins exigeants qui se satisferont du seul spectacle de la maestria technique affichée par les réalisateurs. C’est vrai, des lézards géants et des bottes de surf dans les airs, c’est assez cool. Ceux-là trouveront certainement beaucoup de style à la teinture de Channing Tatum, presque aussi efficace pour faire de lui un mutant albinos crédible, que le maquillage permanent de Mila Kunis peut l’être pour la transformer en une fraîche et magnifique jeune fille désargenté. Jupiter Ascending sort sur les écrans ce mercredi 4 février.

Crédits Photos : Site officiel
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